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+ 400 morts par overdose en 2018

Plus de 400 morts en 2018, l’année 2019 s’annonce être celle d’une nouvelle augmentation des overdoses malgré la mise à disposition de la naloxone en spray nasal en collectivités (hôpitaux, centres de prise en charge…) et en solution injectable en IM en ville (pharmacie, prescription possible par le médecin).

+ de 200 000 kits nécessaires

Ce que beaucoup d’acteurs ne semblent pas avoir compris aujourd’hui, c’est qu’il est nécessaire qu’un grand nombre de kits de naloxone soient distribués pour qu’un impact épidémiologique puisse être constaté.

L’accessibilité du médicament est aujourd’hui bien trop insuffisante pour qu’un résultat significatif soit constaté. L’avis de la Haute Autorité de Santé – dont la doctrine continue de rendre les dispositifs en take home marginaux – évalue l’assiette de population-cible à près de 200 000 personnes.

Dans la même logique, le gouvernement a publié en juillet dernier une feuille de route destinée à renforcer cette accessibilité et à améliorer les circuits de distribution, notamment par le biais d’une facilitation du financement de l’achat des kits par le secteur médico-social.

6 autorisations de mise sur le marché… pour 1 médicament réellement disponible

A ce jour et à notre connaissance, 6 autorisations de mise sur le marché sont mobilisables en France :

  • NARCAN® (ampoules) disponibles depuis plus de cinquante ans pour une utilisation par des professionnels dans le cadre des urgences.
  • PRENOXAD® (seringues – solution injectable en intramusculaire) disponible en pharmacie de ville depuis le 3 juin 2019 et peut être prescrit par un médecin.
  • NALSCUE® (spray en intranasal) disponible en France depuis 2016 mais encore non disponible aujourd’hui
  • NALOXONE ADAPT®, VENTIZOLVE®, NYXOID® (idem), les laboratoires n’ont pas déposé de demander de commercialisation en France.

Ainsi, un seul médicament à base de naloxone prête à l’emploi est disponible, PRENOXAD® commercialisé par le laboratoire ETYPHARM. S’agissant des sprays en intranasal, les difficultés à parvenir à un accord sur le prix entre le gouvernement et le laboratoire ont eu un effet repoussoir et aucun des autres laboratoires n’entend aujourd’hui commercialiser le médicament en France.

90 jours depuis que les négociations pour NALSCUE® ont repris

Aujourd’hui, NALSCUE® continue de faire l’objet des longues discussions et des nombreux débats au sein du Comité Economique des Produits de Santé. La grande mobilisation des associations n’y a rien fait, le gouvernement par le biais du CEPS reste ancré sur ses positions mais une issue positive semble se dessiner pour les prochaines semaines.

L’échec lié aux difficultés de faire émerger NALSCUE® est un échec d’abord institutionnel :

  • D’abord, la Haute Autorité de Santé qui dans sa doctrine d’évaluation des produits ne tient pas compte de l’amélioration de la forme d’administration a fixé une Amélioration du Service Médical Rendu faible (IV pour le spray nasal) et inexistante (V pour le kit en injection).
  • Ensuite, une certaine doctrine de santé publique qui a consisté en 2018 à faire échouer les négociations pour espérer favoriser la venue d’autres acteurs a produit le résultat contraire, repoussant l’ensemble des opérateurs économiques lié au marché. En septembre 2019, L630 a clairement demandé au gouvernement de rendre public les raisons de l’échec des premières négociations, une demande qui reste à ce jour lettre morte.
  • Aujourd’hui, les négociations ont repris depuis plus de trois mois, les associations ont été auditionnées par le Comité Economique des Produits de Santé (CEPS) et une voie de sortie est sur le point d’être trouver.

14 associations unies pour la naloxone

Depuis la conférence de presse organisée le 2 septembre à l’Hôpital Marmottan, c’est un mouvement unitaire de 14 organisations qui se mobilisent, coordonnées par la Fédération Addiction et engagées pour un changement de paradigme.

Ces associations n’ont de cesse de rappeler tout au long des dernières semaines l’urgence et la nécessité pour le gouvernement de réagir réellement face à l’absence de toutes les formes accessibles de naloxone.